La conférence sociale organisée par le Premier ministre, mardi 10 juillet, n’est en réalité qu’une vaste opération de communication. L’urgence est dans les apparences et dans les formalités… Décryptage.
Le gigantesque « cinéma » organisé autour du sommet social n’est qu’un immense simulacre dont l’intention était de montrer que François Hollande a une conception du dialogue social différente de son prédécesseur. L’urgence était-elle de prouver aux français sa bonne foi ? Je ne le crois pas. Aussi, ce sommet donne l’image d’une confusion inextricable. Les partenaires sociaux campent sur des positions irrévocables. Nous les connaissions déjà. Le gouvernement piétine et perd son temps. Hollande maquille la rigueur en un « effort juste ». L’urgence est ailleurs. La France est désormais un maillon faible de la zone Euro. De leur coté et sans attendre la conférence sociale les mauvaises nouvelles s’accumulent. Prix du gaz, plans sociaux en préparation… Il aura du mal. Le gouvernement affiche une priorité absolue, la croissance, et propose en même temps des mesures qui vont contre l’objectif. La croissance passe par la compétitivité des entreprises, qui suppose l’abaissement du coût du travail. Le gouvernement est prisonnier de ses propres contradictions. La croissance passe par la « flexi-sécurité ». C’est-à-dire la libéralisation du marché du travail, sa flexibilisation, l’assouplissement des licenciements. Problème ces réformes remettent en cause la doctrine sociale du pouvoir, pourtant mis en place par les sociaux-démocrates « intelligents » d’Europe du Nord.
On ne se réjouit pas des embarras du gouvernement, contrairement aux socialistes, qui se félicitaient trop volontiers et trop odieusement des embarras rencontrés par Nicolas Sarkozy. On doit accepter que François Hollande fasse appel à la solidarité des privilégiés. Néanmoins « l’effort » se doit d’être honnête et équitable. L’idée de croire que seul les firmes du CAC40 ainsi que les foyers soumis à l’ISF vont payer est un mensonge. La France est aujourd’hui au bord d’un seuil de rupture sociale. Fête nationale de crise pour François Hollande. Affaire à suivre.
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