Où est passée la campagne électorale ? A-t-on oublié l’enjeu ? La campagne des législatives se déroule dans l’indifférence la plus totale. Le taux d’abstention record lors du premier tour des élections législatives (42.9%) rentre dans l’histoire de la Ve république. Décryptage
En réalité c’est tout à fait prémédité et organisé. La Gauche, euphorique depuis son retour aux affaires ainsi que la droite pratiquent la non-campagne. Le débat est clos. Pour les uns la victoire est d’ores et déjà acquise. L’homme à abattre, Nicolas Sarkozy, a capitulé. Il est vaincu. La lutte est finie. Pour les autres le vide immense laissé avec le départ du président sortant, les querelles internes pour la direction du parti et l’absence de leader naturel font que l’exercice est difficile à mener. Après une campagne éclair qui quoiqu’on en dise restera éblouissante de la part de Nicolas Sarkozy on prend le risque la démobilisation.
Les socialistes de leur coté gèrent avec insouciance et légèreté leurs premières semaines au pouvoir. Mot d’ordre : aucune prise de risque. Le souvenir de l’annonce catastrophique de la TVA sociale en 2007 par Jean-Louis Borloo reste dans toutes les mémoires. Coup de tonnerre mardi 12 juin en fin de matinée, la première Dame de France, Valérie Trierweiler règle ses comptes sur le réseau social twitter avec sa rivale Ségolène Royal. La journaliste de Paris Match adresse un message de soutien appuyé au dissident PS qui affronte Royal à la Rochelle. Lamentable. L’affaire privée devient affaire publique, l’affaire sentimentale affaire politique. François Hollande tient sa « TVA sociale ». On prendra soin d’analyser l’impact et la perte de sièges de ce que l’on appelle déjà « trierweillergate ».
Coup de pousse au SMIC, retour à la retraite à 60 ans, baisse des salaires des ministres et plafonnement des revenus des patrons du public. On tient les promesses les plus populaires (Chiffré selon certains à près de 20 milliards d’euros). Rien de plus simple « On est beau, on est gentil, on est généreux ». On en oublierait presque la crise et la Grèce qui chaque jour sombre un peu plus dans les abîmes de l’endettement. Accent est donné sur le rôle local et départemental du député en campagne. Les seules déclarations reprises en boucle par les caciques du PS : donner une majorité la plus ample possible au parti présidentiel afin que la fête continue.
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