« Il faut apprendre à rester serein au milieu de l’activité et à être vibrant de vie au repos. » Gandhi
Emmanuel Fauque a ce quelque chose que tant d’amateurs cherchent pendant des années. L’empreinte légère et sableuse des vacances s’envole au premier coup de vent. Ce sable qu’on gardait précieusement dans ses chaussures, le voilà. Rien qui induise un quelconque tracas. C’est doux et c’est frais, tout ce qu’on attend en prenant du bon temps. L’odeur des fleurs du jardin, une chaise longue qui nous emmène au loin, la bruine de la mer nous essuie le visage de toute la saloperie accumulée toute l’année dans le métro, et le sourire en coin d’une belle blonde fait tout le reste.
Le français utilise beaucoup le contre jour, et pourtant conserve toutes les couleurs du sujet. Le coucher de soleil en arrière plan ajoute toujours une touche mélancolique à ses clichés. Comme disait ce cher Milan Kundera : » Les nuages orangés du couchant éclairent toute chose du charme de la nostalgie ; même la guillotine. » L’aisance avec laquelle ces photos semblent être prises est aussi déconcertante que la fausse impression de pouvoir faire la même chose.
Au delà même du contre jour, il utilise beaucoup le contre-point, le moment compliqué où on n’oserait pas prendre une photo. Le contre-temps, le contre-pied à proprement parler. La mise au point n’est curieusement pas faite sur les jeunes faciès de ses figurants. Non monsieur elle est faite sur la bordure du ponton, sur les chaussures abimées, sur le caillou chanceux qui est fortuitement devenu le centre d’intérêt. Et pourtant notre regard est attiré par cette forme, cette silhouette humaine qui se dessine au loin. Le caractère unipersonnel des clichés les rendent clairs et simples. Le sujet le plus souvent seul est sereinement identifié, pour ensuite laisser notre esprit vagabonder au son des clapotements de l’eau contre le navire du talentueux photographe.
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