Le Graffiti est un terme dérivé de l’Italien signifiant « éraflure ».
Il est partout ce petit dessin exaspérant, ce tag noir dont on ne comprend pas la signification qui ne peut être évidemment que vandale. Façon d’exprimer un besoin de reconnaissance des jeunes modernes ? Stigmates d’une société du mal être ou les nouvelles générations se sentent inutiles ? Il faut voir dans ce que l’on appelle désormais communément le « Street art » plus qu’une revendication.
L’art urbain gagne ses lettres de noblesses grâce à son objectif de démocratisation de l’art. Milieux assez fermé ou les codes sont stricts et précis, qui sont ces artistes qui animent les trames de métro ou vandalisent nos poubelles ? D’ailleurs comment déterminer ou commence réellement l’art de rue ? Si cette forme artistique se développe à partir des années 60, elle explose dans les années 80-90 en même temps que se popularise la culture de rue telle que le « Krump » et le Hip-Hop. Art transclassiste, le graffiti se décline selon différentes manières plus ou moins plastiques et avec l’usage de techniques, de supports et de matériaux différents. Banksy en Grande-Bretagne pose des messages résolument politiques, voire de société. Le graffiti en lui-même expose les limites de la mégalopole mangeuse d’hommes, ou tous nous nous côtoyons sans nous connaître ni nous voir, ou nous faisons les mêmes trajets chaque jour sans plus faire attention au béton qui nous entoure. Le street art propose une alternative, il peut égayer un quotidien ou faire réfléchir, il pose les mêmes questions qu’une œuvre d’art lambda mais, son caractère illégal en change notre perception. Qui sont ces personnes qui dans l’ombre peignent ces fresques titanesques ?
Tags à l’acides, pochoirs, bombe, marqueur, feutre, collage, affiche… La rue inspire les plus grands (Galliano a présenté à la dernière fashion week une collection « Graffiti-Métal », les affiches de campagnes « Hope » de Barack-Obama), tout comme les plus petits (atelier graffiti proposé pour les enfants à Lille dans le cadre de la rétrospective de photographies « Represent » de Jamel Shabazz).
Lorsque l’on commence à faire attention aux graffitis alors on se rend compte qu’il est partout, même dans les plus petits recoins et se présente dans des formes les plus diverses. Du 4 Avril au 17 Juin à la Maison Européenne de la photographie a lieu l’exposition « Scratches », de l’artiste Dominique Auerbacher, mettant en scène la méthode de la griffure de manière insolite. Pour les accros du tag l’expo « Astromorphing » de Pro 176 est une incontournable du genre et se tient du 10 Mars au 14 Avril à la galerie Celal de Paris.
Est-ce que le street art se dirige vers la culture de masse ? Il n’en reste pas moins que le public s’élargit et qu’il devient de plus en plus « obligatoire » de connaître ce milieu qui n’en finit pas d’intriguer et de passionner. En ce sens Londres s’avère être une ville particulièrement riche, Shoerditch (quartier up-coming) est la toile de célèbres artistes graffeurs tel que Banksy, D * Face ou Ben Eine…
« On n’est pas des dadaïstes, on ne s’est pas réunis dans des cafés, mais dans un terrain vague. Stalingrad, c’était le cabaret Voltaire du graff. Le graff est peut-être le dernier mouvement d’art contemporain du XXème siècle, mais il n’existe pas de manifeste. Chacun chante sa propre chanson, avec toute de même quelques notes en commun. Le graffiti, c’est de l’activisme, c’est presque de la performance. » SKKI
Plus d’info ICI et découvrez une vidéo de la Panic Room du graffeur TILT, ICI.
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